Le rôle de l’illustratrice facilitatrice visuelle est essentiel. Voici comment Isabelle Abraham le résume dans un schéma.



Le rôle de l’illustratrice facilitatrice visuelle est essentiel. Voici comment Isabelle Abraham le résume dans un schéma.



Bonjour,
Il y a un an, vous avez contribué au projet de la création d’une bibliothèque ambulante à Tchaourou au Bénin.
Grâce à vous, aujourd’hui BIBLI ‘ EN BULLE continue sa mission auprès des collégiens de cinq collèges éloignés de la médiathèque.
Il remplit ses objectifs : lutter contre le décrochage scolaire, réduire les inégalités territoriales, améliorer l’accès à la lecture et à l’information.
Encore un grand MERCI pour votre participation à ce projet d’éducation et d’ouverture au Monde .
Pour plus d’informations sur les activités de l’association, n’hésitez pas à vous rendre sur le site https://desunesauxautres.org/
Lucie, Léa, Jeanne, Nina, Samantha
Toute l’équipe porteuse du projet


Tout d’abord, des nouvelles des Sahraouis.
L’Algérie compte actuellement un peu plus de 600 morts du covid19. Le territoire où sont situés les camps de réfugiés Sahraouis est entièrement bouclé. Cela implique qu’il n’y a pas de déplacements entre les camps et le reste de l’Algérie. Chaque camp est bouclé, il n’y a donc pas non plus de déplacements entre les camps. Résultat : aucun malade déclaré dans les camps.
Ali, notre coordinateur sur place, habite Tindouf dans la maison de son père. Il y est confiné avec toute sa famille et n’a pas le droit de se rendre dans les camps.
J’ai fait du tri dans les mails et dans le téléphone… (Les Sahraouis utilisent beaucoup WhatsApp car c’est gratuit…) et rassemblé les photos et films concernant les travaux au centre.
Apparemment les sanitaires sont terminés ou presque…Ils sont attendus depuis 2015 !
Rappelez-vous, les pluies diluviennes d’octobre et les vents violents qui ont suivi durant l’hiver avaient entraîné l’écroulement d’une partie du centre et endommagé gravement le reste… Les 4 toilettes, les douches (2 je crois) et la cuisine avaient été totalement détruits.
Nos finances ne nous avaient autorisé la construction que d’un seul WC.
La construction des sanitaires, attendue depuis 5 ans va profiter au personnel du centre et aux enfants accueillis au Club Culturel de Typhaine pour les Enfants. Il y a aussi une gardienne et son fils de 4 ans qui vivent là jour et nuit…
De plus, le centre culturel ayant une salle de conférence et une salle de réception (qui par chance ont échappé au désastre), de nombreuses manifestations organisées par le gouvernement en exil ou diverses ONG présentes dans les camps se tenaient là et apportaient ainsi de petits revenus. Le fait ne n’avoir plus qu’un seul WC réduisait considérablement l’importance et la fréquence des manifestations.
Les nouveaux sanitaires risquent d’apporter des opportunités au centre car le camp de Boujdour, où il est situé, est tout proche de Rabouni, la capitale en exil, du protocole (où sont logés les ONG) et des bâtiments du HCR ! (Haut Commissariat aux réfugiés).
QORD continuera, dans la mesure de ses moyens financiers, à remettre peu à peu les locaux en état pour le bien-être et la sécurité des enfants et des encadrants du centre.
Bon, assez bavardé, je vous laisse découvrir tout cela par les photos et les vidéos.
A bientôt
Amitiés
Bertrand
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Nous avons commencé la soirée en projetant le court métrage sur l’histoire de l’Amicale de ses débuts à nos jours. Ce film a été réalisé par Marine POIRON lors de son service civique au sein de notre association.
Ensuite, Françoise SIMON a remis un exemplaire de son ouvrage “Histoire de l’école publique de Château-Thébaud” à une vingtaine de personnes ayant travaillé, défendu et soutenu cette institution.
A cette occasion, des anciens de l’école ont eu beaucoup de plaisir à se revoir.
Puis s’en est suivie une partie plus festive autour d’un apéritif dînatoire, sous forme d’auberge espagnole, puis du partage des galettes, le tout accompagné par les musiciens et la chanteuse du groupe “Charienko “.
Ce fut une soirée très agréable placée sous le signe de la convivialité !
QORD
Quand l’Occident Rencontre le Désert
2007- 2020 : 13 ans auprès des réfugiés Sahraouis
Notre association est née de la rencontre durant l’été 2006 entre Typhaine Maury, animatrice socioculturelle et des enfants sahraouis venus de campements de réfugiés implantés dans la hamada de Tindouf à l’extrême sud-ouest du Sahara Algérien. Ces petits messagers, venus d’un peuple exilé depuis 1975 dans des camps de fortune, nous ont donné envie d’agir pour eux et de les soutenir.
QORD a été créée en 2007 par Typhaine MAURY et Chloé PICARD, alors étudiantes, qui élaborent un projet basé sur l’interculturalité. Soutenues par Enfants Réfugiés du Monde Pays de la Loire, l’ARPEJ Rezé et le CRIJ Bretagne et aidées par des artistes locaux et des familles, elles montent avec les enfants sahraouis un spectacle qui met en valeur des moments importants de la vie et de la culture du peuple sahraoui. Ce spectacle sera notamment joué à Rezé et au festival « Quartiers d’Été » 2008 de Rennes. Le mémoire rendu et le DUT obtenu, l’association devait être dissoute… Cependant, des liens étaient tissés et des amitiés étaient nées…. Les visages des enfants et les sables du désert restent présents dans la tête et le cœur de Typhaine… Elle demande alors à Chloé son accord pour conserver l’association… Elle élabore le projet « Un grain de sable » puis entraîne toute une équipe à sa suite…
Pendant l’année 2009, QORD développe « Un Grain de Sable » : il s’agissait de promouvoir la culture et les traditions sahraouies mais également de développer un échange et une ouverture culturelle entre la France et les campements de réfugiés sahraouis. Engagé dès janvier, ce projet avance bien jusqu’au décès accidentel de Typhaine le 8 mai 2009 au retour du camp de Dakla. Après une période de flottement, l’équipe de QORD reprend le flambeau et mène à bien la plupart des actions entreprises. Fin octobre 2009, un budget est débloqué pour l’année scolaire 2009-2010. Il permettra notamment d’acheter le matériel nécessaire à la mise en place d’une salle informatique de six postes avec imprimante et photocopieur, d’une bibliothèque française et d’une ludothèque.
Fidèle à sa promesse, QORD poursuit le projet « Un Grain de Sable » en 2010-2011. Elle s’appuie sur les besoins constatés lors de la réalisation du projet 2009 au Centre Culturel Na’aya Ali Brahim. Il est notamment prévu la réouverture de la classe de français, le développement de la ludothèque et de la bibliothèque française, l’amélioration des outils informatiques ainsi que la poursuite du collectage des jeux et contes traditionnels entrepris pour contribuer modestement à la sauvegarde de la culture de ce peuple.
En 2011-2012, notre action se poursuit avec pour mission prioritaire la pérennisation des actions entreprises. Les subventions sont maintenues pour la classe de français, l’atelier informatique, la ludothèque et la bibliothèque française, Une aide est également attribuée à la bibliothèque générale. Cependant, le projet s’étoffe avec le soutien de la création d’une « section études » qui a pour mission la sauvegarde du « Patrimoine Culturel Immatériel ». Cette section programme aussitôt un forum pour le 8 mai 2012 (date anniversaire du décès de Typhaine).
Une petite subvention est également attribuée au centre l’Harmattan RASD pour aider à son lancement.
Notre mission est malheureusement écourtée en raison du décès brutal de notre trésorière Danièle COUPRIE
En 2012-2013, « Un grain de sable » prend de l’ampleur. En plus de la poursuite des actions engagées en 2011-2012, QORD subventionne la création d’un atelier « Activités et créations » à l’initiative de la directrice du centre culturel. Des aides sont également attribuées pour la réhabilitation du local destiné à accueillir cet atelier et pour celle du local abritant la classe de français. Désormais, 180 enfants sont concernés par les différentes activités.
Cette année-là, QORD poursuit également son soutien au Centre l’Harmattan RASD en débloquant des fonds pour la réhabilitation de locaux et l’achat de mobilier.
Pour la période 2013-2014, QORD recentre son action sur le Centre Culturel Na’aya Ali Brahim. Les subventions pour toutes les activités existantes sont renouvelées. Le reste du budget est employé pour une grande partie à la remise en état de la « Salle Typhaine » qui abrite la Ludothèque et la Bibliothèque Française. Le toit a été arraché et les murs sont endommagés depuis le passage d’une tempête. D‘autre part, il nous faut entreprendre les réparations nécessaires sur l’ensemble du toit du centre également durement éprouvé par cette même tempête.
Le budget 2014-2015 est essentiellement consacré à la pérennisation des actions déjà engagées dans le cadre du projet « un grain de sable ». Ce sont désormais 210 enfants qui bénéficient des actions subventionnées par QORD. Les locaux remis en état ont vu la naissance, à l’initiative de nos amis Sahraouis, du « Club culturel de Typhaine pour les enfants » ainsi qu’ils ont souhaité l’appeler. Ce club regroupe toutes les activités subventionnées par notre association : classe de Français, classe informatique, bibliothèque, ludothèque (dont le matériel totalement détruit a été renouvelé), salle internet, atelier d’activités et section de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel qui débouche chaque année sur un forum.
La période 2015-2016 est très difficile pour notre association. Les rentrées d’argent ne cessent de baisser et nous devons faire face à de gros problèmes. Des pluies torrentielles se sont abattues sur l’ensemble des camps de réfugiés Sahraouis. Les eaux en ruisselant ont sapé le bas des murs qui s’effondrent ou, au mieux, s’imbibent d’eau et se fissurent ou se mettent à pencher dangereusement. Les toits s’effondrent avec les murs ou se disloquent lorsque les murs sont en partie affaissés. Le centre dans lequel notre association intervient est durement touché. De grandes parties du toit sont tombées, d’autres sont disloquées. Des pans de mur se sont écroulés, d’autres parties sont fissurées et très fragilisées. Le toit de la salle Typhaine dont QORD avait financé la réfection semble avoir tenu. Cependant, cette salle étant un peu en contrebas, elle est restée longtemps inondée et totalement interdite d’accès car les murs gorgés d’eau pouvaient s’effondrer à tout moment. La majorité des activités ne pouvant reprendre, les fonds qui devaient y être consacrés sont donc affectés à la remise en état d’une partie des locaux et l’installation de sanitaires pour remplacer ceux qui ont été détruits.
2016-2017 voit la renaissance du Club Typhaine ! Malgré le manque de locaux et de matériel, les ateliers sont relancés après un an de fermeture ! L’atelier informatique fait également office de salle internet en dehors des heures de cours. La bibliothèque partage ses locaux avec la classe de français. L’atelier d’artisanat du centre accueille l’atelier consacré aux jeux traditionnels. L’atelier de dessin reçoit une partie des enfants pendant l’activité ludothèque car cette dernière manque de mobilier. Comme chaque année du matériel et des fournitures ont été envoyés de France, mais cette fois les quantités sont plus importantes car tous nos membres se sont mobilisés pour trouver jeux, crayons, papier, livres, ordinateurs… Les enfants de l’école Marcel CANONNET ont également apporté beaucoup de fournitures scolaires. QORD est désormais la seule association à intervenir au centre. Il n’y a donc plus d’activités pour les femmes en dehors de l’artisanat. Afin de pallier à cela, la Directrice a souhaité grappiller sur les subvention que nous avions apportées afin de réhabiliter l’ancien atelier de coiffure et remettre en état une autre pièce pour créer un atelier semoule à couscous et pâtisseries qui fait aussi office de cuisine pour le centre car l’ancienne a disparu sous les décombres. Ces deux ateliers devraient , par la suite, fonctionner en autonomie. Pour la première fois, à la demande du gouvernement Sahraoui, les enfants de sixième sont accueillis pour recevoir des cours de français et d’informatique. Ils poursuivront ensuite l’étude du français au collège où le professeur de français enseigne de la cinquième à la troisième
Pour la période 2017-2018, QORD remet un budget permettant d’assurer le maintien de l’ensemble des activités. Si l’atelier couscous et pâtisseries est désormais autonome, il n’en est pas de même pour l’atelier coiffure. La Directrice l’ayant ouvert aux fillettes, notre association assure donc son fonctionnement tout comme celui de la bibliothèque, de la ludothèque, des ateliers français, informatique, dessin, jeux traditionnels, musique et chant. L’abonnement internet est renouvelé. Le budget destiné aux fournitures pour les ateliers et aux besoins des enfants est augmenté après les restrictions des années précédentes. Cela permet désormais de donner un goûter chaque jour aux enfants ce qui est très important pour une population qui vit depuis 42 ans avec le Programme Alimentaire Mondial (PAM). Un budget est également accordé à la cellule de sauvegarde du Patrimoine.
Le budget 2018-2019, permet le maintien de l’ensemble des activités. Tous les ateliers en fonction l’année précédente sont reconduits et deux nouveautés voient le jour. La ludothèque qui n’était jusqu’alors utilisée que lors de la présence des enfants de l’école primaire ouvre ses portes toute la journée pour faire halte garderie. Une classe de français destinée aux adultes ouvre fin 2019. Une dizaine d’inscriptions avaient été enregistrées préalablement à la décision d’ouverture. Des changements sont intervenus au niveau de la classe de français et de l’atelier informatique pour les enfants. Dans un souci de plus grande efficacité, l’équipe du centre a décidé de réserver désormais ces deux ateliers aux enfants volontaires et motivés qui s’inscrivent en début d’année. Nous avons noté, lors de notre visite en novembre, que les enfants sont nettement plus avancés que les années passées à la même période. Tous les autres ateliers restent ouvert à l’ensemble des enfants.
La poursuite du projet en 2019-2020 est marquée par un budget en augmentation ! En effet, pour la première fois depuis bien longtemps, tous les postes ont pu être couverts dans leur totalité. Un budget pour les travaux a également été dégagé. Tous les ateliers vont pouvoir fonctionner normalement. Le budget destiné au goûter des enfants et aux différents achats de fournitures a été augmenté.
Le budget accordé pour les travaux va, comme chaque année, être destiné à parer aux urgences. Mais il n’est malheureusement pas assez important. Suite aux dégâts très importants causés par les intempéries de 2015, nous n’avons pu effectuer des travaux que sur une petite moitié du centre pour permettre sa réouverture. Néanmoins, si la toiture a pu être réparée avec les tôles récupérables de la partie effondrée, il faudrait cependant qu’elle soit entièrement refaite. Ceci est d’autant plus vrai désormais que le toit de plusieurs salles de la partie condamnée en attente de moyens suffisants vient de s’effondrer entraînant une partie des murs… Cet effondrement a fait travailler le toit remis en état et de nouveaux travaux s’imposent d’urgence. Le budget « travaux » remis cette année sera certainement insuffisant et la directrice sera contrainte de rogner sur les autres postes afin d’assurer les réparations nécessaires pour maintenir le centre ouvert.
La poursuite de la réhabilitation du centre demande des moyens financiers importants… Malheureusement, le petit budget de QORD nous permet seulement de procéder par petites étapes…
Cette année, les activités proposées au club Typhaine bénéficient à environ 380 personnes…
– Les 300 enfants de l’école primaire voisine participent à toutes les activités.
– Environ 40 élèves volontaires issus des classes de CM1, CM2 et 6ème viennent, en 2 groupes, apprendre le français qui est désormais obligatoire au collège à partir de la 5ème. Les enfants sont ensuite scolarisés dans des internats algériens.
– Ces 2 groupes d’enfants volontaires viennent également s’initier à l’informatique afin de poursuivre leur scolarité en Algérie.
– Des enfants de 3 à 6 ans fréquentent régulièrement la « halte-garderie » .
– Une troupe de « scouts » sahraouis participe à toutes les activités. Ils viennent en 2 groupes d’une vingtaine.
– Un groupe d’une vingtaine d’adultes, occupant des responsabilités au sein des camps de réfugiés, vient apprendre l’informatique.
Ces chiffres ne prennent pas en compte l’équipe du centre qui bénéficie bien évidemment des équipements matériel et de l’accès internet.
Depuis 2009, nous poursuivons le chemin tracé par Typhaine… Si, au départ, l’orientation de l’association était surtout culturelle, il n’est pas possible de travailler auprès de réfugiés sans verser dans l’humanitaire… Depuis 13 ans, QORD envoie chaque année, en coopération avec Enfants Réfugiés du Monde, du matériel de toutes sortes : matériel informatique, fournitures scolaires, papier, peinture, vêtements, laine, matériel paramédical en tout genre (fauteuils roulants, cannes, béquilles, montaubans, déambulateurs, lunettes…), tout ce dont manquent les réfugiés sahraouis et que nos amis et soutiens nous donnent ou récupèrent pour nous….
Quand l’Occident Rencontre le Désert est donc rapidement devenue une Association de Solidarité Internationale…
Ndr : Vous souhaitez aider physiquement ou financièrement cette association ? Vous pouvez devenir membre de l’association moyennant une cotisation annuelle de 10€.
Par ailleurs, chaque année au printemps, une “Journée QORD”, à la fois informative et très festive, rassemble amis et curieux. Les bénéfices de cette journée constituent la principale source de revenus pour l’Association.
Contact : QORD, Association Loi 1901, représentée par Bertrand MAURY, bertrandannie.m at free.fr (Remplacez at par @)
Nous devions nous rendre à Tchaourou : nous avions créé au cours des deux années précédentes un projet “Bibli’enbulle” de bibliothèque ambulante avec l’association Des Unes aux Autres. L’objectif étant d’apporter lectures et manuels scolaires aux écoles éloignées de la bibliothèque existante. “Bibli’en bulle” est aujourd’hui sur les routes de Tchaourou même si nous n’avons pas pu nous rendre sur place suite à des événements d’ordre politique.
Ainsi, nous nous sommes retrouvées plus au sud, à Adjohoun. Nous avons été très vite intégrées à la vie d’Adjohoun, notamment par nos activités dans les trois associations présentes : l’association AEB, l’association ALB et l’association ABSL. Nos journées étaient bien occupées et mouvementées entre la bibliothèque, les différents centres : l’un pour les enfants malvoyants et l’autre pour des enfants porteur d’une déficience intellectuelle, ainsi qu’avec les nombreux moments de partages : le sport, les repas, le marché…
Nous avons beaucoup retenu de ces échanges. Il a premièrement fallu s’adapter à la différence culturelle. Passé le cap des 35° le matin, des coupures d’eau et d’électricité, du jour qui tombe à 18h30 et de la moustiquaire pour dormir, tout est devenu plus simple.
Chaque jour nous nous rendions à pied, à travers les pistes et par tous les temps (vive la saison des pluies) aux activités prévues avec les différentes associations. Dans ce cadre nous avons participé au rangement, à la “remise à neuf” et aux prêts des livres de la bibliothèque : notre activité principale. L’objectif était de protéger les livres et de réparer ceux déjà abîmés. Les enfants qui souhaitaient emprunter étaient alors sensibilisés au respect des ouvrages. Des livres plus récents ont également été triés puis rangés, afin d’élargir les possibilités de lecture aux enfants. Les mercredis et samedis après-midis étaient les jours de jeux, de chants, de danses et de lecture pour eux sans oublier la peinture, les fables et les jeux de sociétés. Nous nous souvenons encore du chant d’au-revoir, et nous nous doutons qu’ils chantent toujours la comptine des crocodiles. Ces après-midis passaient très vite.
En parallèle, nous avons eu la chance d’être accueillies dans des écoles et collèges, pour constater les aménagements de ces établissements ; construire des wc, ombrager les cours, …
Puis des cartons de vêtements emballés nous attendaient pour être triés et distribués dans l’orphelinat et dans la section maternité de l’hôpital d’Adjohoun. Nous avons aussi jouer longuement avec les enfants malvoyants et porteur d’une déficience intellectuelle : fabrication de collier en perle, pâte à modeler, puzzle, jeux d’extérieur…
Il y aurait encore tant et tant à raconter de cette expérience ! Grâce aux personnes sur place, à leur accueil, nous ne sommes pas prêtes d’oublier ce séjour. Ils nous ont fait confiance et nous en sommes très reconnaissantes. Les enfants, Merveille, Fadel, Richala, Koeurley, Ousmane, Johannes, Gloria… nous ont écoutées avec attention, tout comme nous avons, avec attention, appris avec eux. Nous retenons bien évidemment la chaleur, les fruits, la musique, les couleurs, les sourires et la bienveillance des personnes qui nous entouraient. Merci à l’association Des Unes aux Autres d’avoir rendu cette expérience possible mais aussi à toutes ces personnes avec qui nous avons partagé ce mois et demi : Miriam, Jean-Marie, Catherine, Félix, Elisabeth, Basile, Paulin…
Cette expérience fut très enrichissante pour nous, et pour tout avouer, même en France aujourd’hui notre esprit est encore à Adjohoun.
Et si on faisait le point sur La LAÏCITE ?
Table des matières
B – La Révolution Française et ses conséquences
1. Etat et religion pendant la Révolution
2. La Restauration et la réaction cléricale
C – La Laïcité “à la Française” !
2. A propos de la Loi de séparation des églises et de l’Etat dite “Loi de 1905”
D – La Laïcité dans les autres pays
E- Le combat pour la Laïcité est-il toujours d’actualité ?
2. Attitude provocatrice d’un Islam rigoriste.
Pour beaucoup, la Laïcité semble être née de la Loi de 1905.Il est donc nécessaire de préciser les éléments fondamentaux de cette loi et de faire quelques rappels historiques en lien avec l’origine et les raisons d’être de la Laïcité.
On a coutume de considérer la Révolution française et la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen comme le creuset de la Laïcité. Ce n’est pas erroné mais la Laïcité est le résultat d’un combat engagé bien avant la Révolution de 1789.
Si la Laïcité repose sur la raison critique, elle trouve ses origines…
où la pensée s’ordonne autour de deux mouvements contradictoires :
Il faudra attendre la conversion au catholicisme de l’empereur Constantin et la fin du IVème siècle pour que le christianisme devienne la religion officielle de l’Empire et entraîne les prémices du cléricalisme chrétien.
Apparition d’un certain doute en raison du libre-arbitre exprimé par différents esprits tels que Erasme, Pic de la Mirandole, Rabelais, etc…
La réforme protestante contribue à briser le consensus autour d’une croyance indiscutable ; son apparition crée une concurrence au sein d’une même doctrine.
Puis on commence à ne plus considérer la directive politique – ou religieuse – comme l’expression d’un projet divin !
L’étape suivante est incarnée par les progrès de la science, avec Ambroise Paré, Copernic, Kepler, Galilée…qui contribuent à semer le doute et veulent prouver que la raison a sa propre capacité d’investigation.
Les hypothèses, puis les convictions remplacent peu à peu les vérités absolues.
Avec Descartes qui, au début du XVIIème siècle, partant du doute aboutira à la méthode, nous entrons dans l’esprit des Lumières !
Cette évolution de la pensée se trouve confrontée à l’autonomie de l’Etat, puissance souveraine, l’Etat qui, lui-même, avait besoin de s’affirmer et s’opposait à l’hégémonie religieuse.
Evidemment, l’Eglise ne resta pas inactive devant la montée des doutes, voire de l’incroyance.
C’est l’Inquisition installée au XIIIème siècle par le pape Grégoire pour lutter contre l’hérésie cathare, puis sa reprise au XVIème siècle pour réagir contre les déviations doctrinales.
Quiconque remet en question les textes religieux, tel Galilée, doit se soumettre et abjurer ou périr.
Cette intolérance dure jusqu’au XVIIIème siècle. C’est, par exemple, l’exécution de Calas en 1762 !
La pluralité religieuse, imposée par la Réforme rend nécessaire l’établissement d’une co-existence acceptable d’où la proclamation de l’Edit de Nantes, révoqué quelques dizaines d’années après (1598 – 1685).
Les avancées dans le domaine des idées sont de plus en plus signifiantes et pas seulement en France : Spinoza, chantre de la liberté individuelle de juger, pense les hommes “capables de concevoir un pacte politique fondateur d’une libre politique“.
Voltaire et son combat en faveur de Calas exprime sa volonté “d’écraser l’infâme“, à savoir le pouvoir religieux.
On pense parfois que la Laïcité, telle que nous l’entendons, est directement issue de la Révolution Française et des débats qui ont conduit à l’instauration du système républicain.
Les penseurs progressistes, les politiques, qui imaginaient de nouveaux systèmes de gouvernance pendant la première moitié du XIXème siècle, se référaient tous à ce grand moment de l’histoire de France.
Il ne faudrait toutefois pas oublier que les révolutionnaires n’avaient jamais voulu séparer les églises de l’Etat. Ils voulaient en contrôler la puissance et en faire un organe de l’Etat. Ce n’est qu’au paroxysme de la période révolutionnaire qu’ils envisagèrent sa destruction en inventant un autre culte, celui de l’Etre Suprême, dont Robespierre fut le grand prêtre… ce qui ne manque pas de piquant !
Il est indéniable que les bouleversements des principes philosophiques et des structures politiques installés lors de la Révolution française ont contribué à mettre un terme à la liaison trône-autel, ce qui a entraîné une première laïcisation de l’état-civil et celle de l’enseignement, en retirant au Catholicisme son titre de Religion d’Etat, sans que l’on puisse pour autant parler de séparation des Eglises et de l’Etat.
Ne pouvant remettre en question le Concordat napoléonien, consécutif à la Révolution Française, la Restauration entraîne dès le début du XIXème siècle une véritable réaction cléricale, en restaurant l’union trône-autel et en s’efforçant de remettre en cause les conquêtes laïques de la Révolution Française.
Ainsi, Les lois Guizot et Falloux[1] reconnaissent l’Eglise catholique et l’Etat comme seules puissances accréditées en matière d’enseignement, et permettent à l’église d’ouvrir des écoles privées.
Cette réaction cléricale, qui condamnait tout ce qui allait dans le sens du progrès et des libertés individuelles s’oppose aux évolutions scientifiques, technologiques comme sociales.
La lutte contre l’église devient alors le combat pour la liberté. L’anti-cléricalisme[2] devient synonyme de lutte pour le progrès collectif , l’émancipation individuelle, la justice sociale, et l’athéisme[3] est annonciateur de temps nouveaux.
La victoire des Républicains en 1875 et le début de la IIIème République permettent à la laïcité d’acquérir ses caractères spécifiques.
L’affrontement entre la France, fille aînée de l’Eglise catholique, et la France Républicaine, héritière de la Révolution, prend une telle ampleur que l’on pourra bientôt parler des ” 2 Frances “.
Les luttes entre les congrégations religieuses, alliées aux forces réactionnaires, et les Républicains, mettent alors en danger la République, au point que le débat sur la Séparation des Eglises et de l’Etat, idée apparue avec Edgar Quinet vers 1820, s’impose.
Emile Combes, chef du gouvernement, crée et fait voter en 1901 la Loi sur les Associations, loi qui, par son application aux congrégations religieuses, entraîna le conflit et la rupture avec le Vatican.
Et c’est le même Emile Combes, connu pour sa volonté de démanteler la hiérarchie de l’église catholique, qui prépara la Loi de 1905, dont il ne fut pas le promoteur, car il dut démissionner en 1904.
Peut-on qualifier la Laïcité française de “ouverte” ou l’affubler d’un autre qualificatif ? Le terme de ” Laïcité ” se suffit-il à lui seul ?
La Laïcité est-elle nécessairement française, ce qui impliquerait qu’elle n’existe pas dans les autres pays ?
C’est un fait que la laïcité, telle que les Français l’entendent n’est pas comprise par nos voisins. Ils ont, pour certains, beaucoup de mal à établir une séparation entre leurs affaires temporelles et leur spiritualité. Pour des raisons très diverses, souvent liées à leur histoire nationale, ils admettent que les responsables religieux jouent un rôle dans le fonctionnement de l’Etat ou de la Cité.
En France, depuis plus de deux siècles, nous mettons en exergue les notions de Liberté et de Conscience.
Encore faudrait-il définir ce que peut être la liberté de conscience dans un Etat comme la France au XXIème siècle ! Il apparaît que la définition restrictive de cette liberté comme étant la liberté d’adhérer à une croyance religieuse ne suffit plus aux exigences du nouveau siècle. Il faudrait prendre en compte le droit de participer sans entrave aux débats politiques, philosophiques sociaux ou culturels.
La Loi de 1905 dit que “ la République assure la Liberté de Conscience “, sans intervenir dans la décision de croire ou de ne pas croire, et elle veille à ce que cette liberté soit effective en assurant la liberté des cultes et la liberté de la pratique religieuse.
D’autres textes juridiques contribuent également à la garantie de cette Liberté :
Aujourd’hui, la liberté de conscience apparaît comme la mère des libertés dans un pays comme la France parce qu’elle s’appuie sur le principe de laïcité.
Aristide Briand, qui fut le rapporteur du projet, ainsi que Jean Jaurès ont modifié le projet initial et en ont fait un texte de conciliation, acceptable par les catholiques modérés.
Ils prônent le respect de la liberté de conscience et la libre expression des convictions de tous.
Emile Combes, à qui l’on doit d’avoir fortement contribué à la présentation du projet de la Loi au parlement.
Ferdinand Buisson, directeur de l’Enseignement primaire, l’un des fondateurs de la Ligue des Droits de l’Homme.
Jules Ferry, chef du gouvernement dans les années 1880 puis Ministre de l’Instruction publique, et pour beaucoup “personnalité, à laquelle la France doit de pouvoir s’affirmer Laïque “.
Elle fut une Loi fondamentale créant les conditions de la pacification durable par la liberté de conscience accordée à chacun et la libre expression des convictions de tous.
La Laïcité, principe fondateur de notre République, apparaîtra dans le prologue de la Constitution de 1946 et sera repris dans le premier article de la Constitution de 1958 : “La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale.”
On constate au cours des “30 glorieuses”, entre 1950 et 1980, une évolution des relations de la population avec la notion de laïcité. Le conflit laïque n’apparait plus comme la principale préoccupation. Les relations avec le religieux ne sont plus au centre de la vie des citoyens. Et les militants laïques, taxés de “laïcards”, sont souvent considérés comme porteurs de valeurs dépassées.
Mais, pour autant, la politique de soutien à la dualité d’une enseignement public et privé n’avait pas disparu pour autant.
Par exemple, le vote en 1951, des lois Marie et Baranger, qui accordent des bourses aux élèves de l’enseignement privé. La loi Debré, en 1959, qui accorde un financement public aux établissements privés, mesure qui va relancer la situation conflictuelle.
Les partisans de l’enseignement public réagissent en 1960 par une gigantesque manifestation pour la suppression de ces subventions et par une pétition lancée par le CNAL[5], qui obtient 11 millions de signatures et fait croire aux militants laïques à la possibilité de créer le Service Unifié et Laïque de l’Education Nationale, projet, qui va susciter en 1984 un grand nombre de manifestations organisées par les soutiens de l’enseignement privé, si bien que Mitterrand retirera son projet, par crainte d’une politisation de la querelle scolaire.
La droite et les soutiens de l’enseignement privé, aidés par les médias avaient gagné la bataille de l’opinion publique.La question de la dualité scolaire sembla provisoirement résolue par le statu quo…
Cette période de calme apparent va être troublée à la fin des années 80 par une question, qui n’a plus rien à voir avec la concurrence enseignement public – enseignement privé, la question du port du voile islamique dans l’espace public, et en particulier dans les écoles.
En matière de laïcité, la France fut devancée par plusieurs pays, qui prirent de l’avance dans différents domaines, et principalement dans celui de l’enseignement.
Ils ont inscrit dès 1787 dans leur Constitution la notion de séparation des églises et de l’Etat.
Le premier amendement à ce texte fondateur précise : “Le Congrès ne fera aucune loi relativement à l’établissement d’une religion ou en interdisant le libre exercice.”
Il est bon de rappeler à ce propos que la plupart des premiers fondateurs des Etats-Unis – ou leurs ancêtres – ont été victimes, en Europe, de persécutions religieuses, qu’ils fussent juifs, protestants ou catholiques.
…ce qui n’empêche pas le Président nouvellement élu de prêter serment sur la Bible, sans y être contraint, et à proposer comme devise “In God we trust “.
La multiplicité des relations existant entre les Etats européens et leurs églises assure à la France une place tout à fait particulière avec sa grande Loi de séparation des églises et de l’Etat de 1905.
En Belgique, c’est la Constitution du 3 novembre 1830 qui garantit la liberté de conscience et sa conséquence, la liberté religieuse. Mais malgré cela, c’est l’Etat qui prend en charge les salaires et les retraites des ministres des différentes religions et des organisations philosophiques. C’est ainsi que les organisations laïques sont sur le même pied que les six églises reconnues, les catholiques, les protestants, les anglicans et les israélites depuis 1870, les islamistes depuis 1974 et les orthodoxes depuis 1985.
Quatre autres pays européens ont laïcisé leur Etat, sans aller comme en France, jusqu’à la séparation “à la française “.
En Italie, ce sont les accords de Latran signés entre le Vatican et Mussolini qui mettent fin à une situation qui durait depuis l’unification italienne en 1855 et règlent les relations entre l’Etat italien et l’église catholique. La constitution de 1948 prévoit l’indépendance de l’Etat vis-à-vis de l’église catholique. Les rapports entre l’Etat et les autres confessions sont fixés par la loi après accords avec les responsables de ces religions.
En Espagne, la Constitution assure “la liberté idéologique, religieuse et de culte”…mais l’église catholique a un statut spécial en tant que religion de la majorité des espagnols.
Un article de la même constitution précise que les pouvoirs publics tiennent compte des croyances religieuses de la société espagnole et entretiennent des relations de coopération nécessaires avec l’église catholique et les autres confessions…
La constitution espagnole donne le droit à une éducation religieuse dans les écoles publiques ou privées.
En Bulgarie, l’église orthodoxe s’est vu reconnaître une “valeur traditionnelle” après la chute du régime communiste et participe de ce fait à tous les évènements publics, alors qu’une loi antérieure (1949) assure la liberté des cultes et donne au gouvernement des pouvoirs étendus de contrôle sur les religions !!!!
En République Tchèque, la Charte des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales assure une séparation des églises et de l’Etat … mais il serait question d’autoriser l’Etat à financer les principales églises, au nombre de 21.
Dans les autres pays européens, le poids de l’histoire et des traditions politiques fait une place particulière aux églises et à leurs institutions.
En Grande Bretagne, l’église anglicane a pour “gouverneur” la Reine qui nomme, sur proposition du premier Ministre, les archevêques et les évêques, dont un certain nombre siègent à la chambre des Lords.
La liberté religieuse existe en Grande Bretagne depuis le XIXème siècle.
La devise du royaume est “Dieu est mon droit “.
Au Danemark, l’église évangélique luthérienne apparait dans la Constitution de 1953 comme l’église nationale et comme service public de l’Etat. Son clergé est fonctionnarisé. Elle bénéficie d’un impôt spécifique, dont seuls les contribuables qui déclarent ne pas appartenir à cette église sont dispensés. Le Danemark admet les autres cultes et affirme la liberté de religion.
En Irlande et en Grèce, ce sont les luttes pour l’indépendance qui ont affirmé des positions particulières.
L’occupation de l’Irlande par l’Angleterre protestante pendant cinq siècles a fait de l’église catholique un lieu de refuge et d’identité, ce qui explique son statut dans le système éducatif, la morale familiale et sexuelle, d’où l’absence, aujourd’hui encore, de loi sur l’IVG et le divorce.
En Grèce, la Constitution reconnait à l’église orthodoxe “une position dominante”. Dans les écoles, à l’armée et dans les tribunaux, les prières sont obligatoires. Les membres du clergé de cette église sont des fonctionnaires et, malgré la proclamation de la liberté de religion, ils disposent d’un droit de veto pour la construction d’un lieu de prière, quel que soit le culte.
On retrouve dans cette relation particulière entre la population grecque et l’église orthodoxe l’influence des traditions ottomanes et de cinq siècles d’occupation.
En Allemagne les églises passent des accords avec l’Etat fédéral ou les Länder (les Régions) pour tout ce qui concerne leur organisation. Elles perçoivent 10% de l’impôt sur le revenu si les contribuables le souhaitent. Ces derniers signalent sur leurs déclarations à quelle église ils appartiennent.
Aux Pays Bas, c’est encore l’histoire qui a construit les relations entre la puissance publique et les églises. L’occupation espagnole aux XVème et XVIème siècle a conduit le calvinisme à être l’élément constituant l’unité des peuples des Pays Bas. L’indépendance du Pays au XVIIème siècle (1648) a fait de ce pays un refuge pour tous les persécutés pour raison religieuse.
Aujourd’hui la liberté de religion est totalement reconnue, même si les communautés religieuses jouent un grand rôle dans la société batave.
En Pologne, le poids de l’histoire est encore plus marqué… la chrétienté et l’église catholique ont été le ciment de l’unité du peuple polonais, face aux nombreuses invasions comme celle des Tsars de Russie au XIXème siècle qui voulaient imposer l’église orthodoxe.
L’occupation nazie puis soviétique de 1939 à 1989 font de l’église catholique un lieu de refuge et un symbole de Liberté. Le syndicat “Solidarnosc” (Solidarité) bénéficie de ce soutien, renforcé par le Pape Jean Paul II d’origine polonaise.
La constitution polonaise (rédigée en 1997 par des communistes et ratifiée par un concordat en 1998) est placée sous l’égide de Dieu.
La Slovaquie et la République Tchèque font référence à un héritage religieux
Malte est le seul Etat où l’église catholique est religion d’Etat.
La multiplicité et la diversité des relations entre les Etats européens a incité les gestionnaires de la Communauté Européenne à rechercher une formulation acceptable de tous les Etats. Après de longs débats, la formule retenue dans le Traité Constitutionnel de la Communauté Européenne fait apparaître les héritages culturels, religieux et humanistes de l’Europe.
Non, si l’on considère que la Laïcité ne concerne que le combat mené par ses défenseurs à la période, où ce concept est apparu, combat mené pour affranchir l’homme des contraintes du principe d’une autorité d’obédience cléricale. Ce combat fut très virulent en particulier dans le domaine de l’enseignement jusqu’à la Loi de Séparation des Eglises et de l’Etat qui, après une période conflictuelle de plusieurs décennies, fut reconnue comme une loi d’apaisement.
Oui, si l’on se réfère aux divergences d’interprétations d’un évènement apparemment banal survenu très récemment : l’accompagnement lors d’une sortie scolaire par une mère d’élève voilée…, évènement qui a entraîné une succession de prises de position contradictoires, depuis le chef d’établissement et le Ministre de l’éducation nationale jusqu’aux représentants des différents partis politiques…, de la Gauche extrême à la Droite tout aussi extrême !
Alors que jusqu’alors les questions concernant la laïcité évoluaient dans un contexte politique, elles se trouvent maintenant transposées sur le plan idéologique et culturel.
Avec le problème du voile islamique, qui marque le début des revendications de l’islam, la question de la laïcité va se reposer dans un contexte nouveau où s’exprime la peur de voir l’identité française menacée par l’immigration en général, et par l’Islam, ses traditions, ses exigences en particulier.
La conception française de la Laïcité, nous l’avons vu, n’est pas comparable à celle d’autres états – et notamment anglo-saxons- qui ont opté pour le primat de l’individu sur la société en matière de comportements religieux.
Lorsque le problème du voile à l’école apparaît pour la première fois, en 2004, la décision du Conseil Constitutionnel ne règle pas le problème d’une façon claire.
La deuxième étape, si l’on peut dire, concerne, en 2010, l’interdiction de se couvrir le visage dans l’espace public.
Ajoutons un certain nombre de revendications et d’interdits en milieu scolaire concernant certaines matières scolaires, scientifiques, sportives, mais aussi les habitudes relationnelles comme les cours mixtes.
Pour revenir au domaine vestimentaire, citons le Burkini, apparu en 2016. Ce vêtement de plage, présenté comme le témoignage d’une pratique religieuse rigoriste, alors qu’il est contesté dans la plupart des pays musulmans, fut plus ressenti comme un comportement provocateur, traduisant de façon ostentatoire une vision politique de la religion.
Si nous refusons ce type de comportement, c’est que nous affirmons la prééminence de la loi des hommes sur la loi religieuse.
Ajoutons également, et ce sera d’ailleurs la position des juges, qui se sont également placés sur le terrain des droits de la femme, que les femmes qui portent le burkini de leur plein gré, ne peuvent ignorer qu’elles se rendent complices des radicaux, qui entendent les rabaisser.
Nous nous opposons à toutes les expressions d’un communautarisme, qui est pour nous un ferment de division, et considérons que la Laïcité est le marqueur d’une organisation sociale qui protège l’unité de la collectivité contre ceux qui aspirent à la diviser.
Yves Routier, Membre du C.A de l’Amicale Laïque de Château-Thébaud
Octobre 2019
[1] La Loi Guizot -1833- impose à chaque commune d’ouvrir une école primaire publique. La Loi Falloux -1850- instaure la liberté de création d’établissements d’enseignement privés.
[2] Anti-cléricalisme : terme apparu en 1852, soit bien avant le terme laïcité (1872). Il exprime le refus de voir l’église intervenir dans la vie publique. Le combat laïque français porte l’empreinte de l’anti-cléricalisme
[3] Athéisme : Attitude philosophique qui, au nom de la raison, affirme l’inexistence de Dieu.
[4] Les informations concernant la Loi de 1905, ses promoteurs et l’histoire du conflit enseignement public-enseignement privé des années 1950 à 1984, ont été empruntées au texte d’une conférence sur la Laïcité faite à Château-Thébaud par Pierre Tournemire, membre du bureau national de la Ligue de l’Enseignement.
[5] CNAL : Comité National d’Action Laïque
Vous pouvez télécharger ce document en annexe.
L’association a pour objet de mettre en oeuvre des projets cinématographiques. Dans le cas présent, ses membres ont établi un partenariat avec la Maison d’accueil spécialisée Clément Wurtz ( Paris 13è) compétente dans la prise en charge de personnes polyhandicapées et de personnes handicapées à la suite d’un traumatisme crânien. C’est au sein de cette structure que se recrute le groupe des six “Mercenaires” dont deux étaient présents aujourd’hui parmi nous.
Après avoir partagé le pique-nique, la projection des courts métrages a pu commencer, dès 14h après une courte présentation des invités. Puis est venu le temps des échanges …
Les films proposés sont nés de l’imagination des auteurs/acteurs. Aucun interdit, aucune règle ne leur est dictée quant au contenu. Ce sont eux également qui conçoivent le scénario, qui disent les textes qu’ils ont préparés, et qui, éventuellement, participent au montage réalisé par Cléofé.
Et le résultat est “bluffant”. Certes, il nous a un peu dérangés dans notre petit confort, car c’est un cri de colère et de détresse qui jaillit de ces corps meurtris, enfermés en eux-mêmes et qui aspirent à la liberté. Dérangeant, oui, parce qu’on ne s’attend pas à l’expression de ce mal être que la réalisatrice a su si bien porter.
Mais qu’on ne s’y trompe pas. Cette expression très crue est une sorte de défouloir, un espace justement de liberté où crier à l’injustice. Mais les personnes que nous avons rencontrées étaient agréables, épanouies, parfois drôles, et surtout très heureuses de pouvoir présenter leur travail et de constater l’émotion qu’il avait fait naître en chacun de nous.
Une belle expérience enrichissante que nous espérons pouvoir renouveler.